Marquoir « Il était une fois »

Marquoir « Il était une fois » d’Annick Abrial fait en SAL.

Histoire de la création de ce marquoir et de son évolution aucours du temps

J’ai choisi une Toile NewCastle 16 fils/cm de couleur Crème et les cotons DMC. Je brode sur 2 fils de trame avec 1 fil.

Je reprends ci-dessous le texte écrit par Annick et diffusé dans la Gazette du Marquoir « Il était une fois… »

« Il était une fois ….. le Moyen-Âge » quand j’ai commencé à dessiner ce modèle, les couleurs que j’avais choisies étaient pour moi une évidence. Il fallait que j’utilise les couleurs du Moyen Âge pour créer ce thème. Dans les rubriques qui vont suivre vous allez découvrir l’importance des couleurs à cette époque, mais aussi la symbolique de chacune d’entre elle.

Annick Abrial

Parties 1 à 5

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Partie 6

Le monde des couleurs au Moyen Âge
Au Moyen Âge, la couleur est lumière. Le six couleurs sont : le Blanc, le jaune et or, le rouge, le vert, le bleu et le noir.

L’homme du Moyen Âge aime les couleurs, elles sont pour lui richesse, joie, sécurité. La superposition de couleur, placée sur des plans différents, constitue un système harmonieux et valorisant. La perception des contrastes de couleurs est très différente de la nôtre. Les couleurs ont au Moyen Âge, une valeur ; participant de la lumière elles sont aussi une émanation de Dieu. Certains théologiens s’en méfient toutefois, car elles représentent pour eux le côté dangereux, séduisant, inutile et vain de la beauté.

 Saint Bernard associera les couleurs à la beauté féminine, et sera hostile à leur présence sur les vêtements des moines. Une couleur trop riche détourne le fidèle et constitue un obstacle à sa piété. Avant, les principales couleurs étaient le rouge, le noir et le blanc. Le bleu s’intégrera petit à petit à ces trois pôles, amenant avec lui le vert, le jaune….et révolutionnera un ordre de couleurs existant depuis la protohistoire. La couleur sert à classer, distinguer ou désigner, (les ordres monastiques sont ainsi désignés par la couleur de la robe) Dans certaines régions, les exclus sont tenus de porter certaines couleurs qui vont les distinguer ; d’autres couleurs leur étant interdites. Par leur valeur et leur symbolique propre les couleurs seront aussi associées aux caractères, la mode faisant et défaisant les vogues.

Au Moyen Âge, l’essor de l’industrie textile lance les artisans teinturiers dans une recherche assidue de nouveaux produits et de nouvelles techniques permettant d’obtenir de nouvelles couleurs plus vives et plus durables. Autrefois importées d’Orient, les étoffes aux couleurs somptueuses sont désormais le résultat de travail d’artisans locaux. Ces derniers sont regroupés en deux corporations : les teinturiers qui colorent les étoffes de haute qualité destinées à la cour et aux riches bourgeois, la seconde pour les teinturiers dont la clientèle n’a pas de quoi s’offrir des étoffes d’aussi bonne qualité mais qui, en revanche, est plus nombreuse. Ainsi on distingue aisément les gens riches des autres, non seulement à la coupe de leur vêtements mais aussi à leurs couleurs. Les paysans et les ouvriers portent des vêtements non teints ou de couleurs délavées et sans éclat, alors que les gros négociants et les princes se pavanent en couleurs vives et soutenues.

L’émergence du bleu, au cours de XIIIe siècle est surtout due à la possibilité nouvelle de teinter efficacement et durablement les tissus en un bleu plus vif que jusqu’alors. Ainsi tout au long du XIIIe siècle le rouge sera peu à peu remplaçé par le bleu dans les vêtements aristocratiques. Ce n’est cependant pas seulement la couleur qui fait le rang social : roi et paysans peuvent tous deux porter du bleu, c’est l’éclat du vêtement qui fera son prix. Une belle couleur étant une couleur franche, presque saturée. Le bleu est une couleur chaude et devient en 1140 la couleur principale qui remplace le rouge de l’Antiquité. Le lapis-lazuli (roche très chère), pigment bleu par excellence pour les enlumineurs, était tellement précieux qu’il coûtait aussi cher que l’or, sinon plus. Couleur de deuil éclaircie, égayée, elle est devenu celle de la Vierge. Suger puis Saint Bernard, par l’influence qu’ils eurent sur le roi en firent peu à peu la couleur royale : associée au lys, lui aussi marial.. Le bleu symbolise la loyauté, la justice, la sagesse, la science, la fermeté et l’amour fidèle.

Très tôt, on a maîtrisé les pigments rouges et on a pu les utiliser en peinture et en teinture. La chimie rouge a donc été très précoce, et très efficace. D’où le succès de cette couleur. En ville certains teinturiers ont une licence pour le rouge (ils ont le droit de teindre également en vert et en noir). A Venise, Milan ou Nuremberg, les spécialistes du rouge garance ne peuvent même pas travailler le rouge kermès. On ne sort pas de sa couleur, sous peine de procès ! Ceux du rouge et ceux du bleu vivent dans des rues séparées, cantonnés dans les faubourgs parce que leurs officines empuantissent tout, et ils entrent souvent en conflit violent, s’accusant réciproquement de polluer les rivières. Il faut dire que le textile est alors la seule vraie industrie de l’Europe, un enjeu majeur. Le rouge est associé depuis le fond des âges au sang, au feu et au péché, à la vie et à la vigueur, à l’autorité et à la beauté, à la force et au courage,à la largesse et à la charité. Le christianisme médiéval maintient les usages solennels du rouge, en minorant la dimension guerrière de la couleur et en valorisant sa fonction sacrée. Pour trouver la couleur rouge on se sert de : cochenille (insecte broyé), de pourpre (coquillage), de garance (plante méditerranéenne), de cinabre (roche).

Partie 7

Suite de la symbolique des couleurs utilisées sur le marquoir
Dans la symbolique occidentale, le vert est associé depuis le Moyen Âge à l’espoir, au hasard (malchance comme chance) à la permission (voire au libertinage) et à la nature. L’origine de cette symbolique réside dans le fait que le vert est la couleur des feuilles naissantes, des bourgeons, de la verdure, mais aussi la teinte de la peau d’une personne malade, d’un cadavre. C’est la couleur des apothicaires et des médecins. Il symbolise l’immortalité et l’émeraude, pierre verte par excellence, est capable, dit-on, de la conférer. Pour cette même raison le Saint Graal, dans la légende des Chevaliers de la Table Ronde, était taillé dans l’une de ces pierres. C’est aussi une des couleurs les plus instables en teinturerie, d’où son association avec la chance, et en partie son interdiction traditionnelle au théatre, certains comédiens ayant pu être empoisonnés par l’oxyde de cuivre ou le cyanure des costumes verts de l’époque médiévale. Il est plus difficile à fabriquer et à fixer que le blanc et le noir.

 Sur les étoffes et les vêtements les verts peuvent être clairs ou foncés, mais sont délavés, grisés peu résistants à la lumière et aux lessives. Le vert est obtenu à l’aide de pigments et colorants naturellement verts : malachite, herbes, fleurs, feuilles, écorce, légumes.

Le jaune, depuis longtemps, est la couleur de la ruse et du déguisement. Il est presque toujours associé au mensonge, à l’hypocrisie et à la félonie. Le jaune devient la couleur négative à partir du moment où le noir est promu, car il faut trouver une nouvelle couleur négative. Entre le haut et le bas Moyen Âge, la vogue du jaune va en décroissant. Rare sont les hommes et les femmes qui s’habillent de jaune, chez les princes comme chez les roturiers. On peignait en jaune la porte de ceux qui, d’une façon ou d’une autre, avaient failli. En cuisine, au Moyen Âge, le jaune a eu une grande importance car il représentait la couleur de l’or. Aussi, entre autres épices, a-t-il été fait un grand usage du safran qui donne à tout ce qu’il assaisonne une belle couleur d’un jaune éclatant. Le jaune d’œuf eut également son utilité car il permet de dorer les croûtes, élément fondamental de cette cuisine.
Le jaune est obtenu avec le genêt, le safran (longtemps importé d’orient).
Les teinturiers du jaune sont aussi ceux du rouge.

Le blanc a été considéré comme une couleur à part entière. Le blanc très blanc n’existe pas. La teinte naturelle est blanchie à l’eau fortement oxygénée de la rosée et à la lumière du soleil. Mais le blanc redevient bis, jaune ou écru au bout d’un certain temps. Pour teindre on utilise certaines plantes, de la lessive à base de cendres ou bien de terres et des minerais qui donnent des reflets grisâtres et ôtent l’éclat de la couleur. La mention drap blanc signifie des draps non teints, c’est donc une utilisation précoce du terme « blanc » dans le sens de « non coloré ».
Le blanc est surtout fabriqué avec de la césure de plomb (métal très toxique), la craie (roche).

Le noir a été considéré comme une couleur à part entière. Il y a le bon noir, celui de l’humilité, de la modestie, de la tempérance (visible sur l’habit des bénédictins, des ordres monastiques, des magistrats, du deuil). Le mauvais noir est celui des ténèbres, de l’enfer, du péché, du Diable. Pire que le jaune, il est la couleur de la mort. Le noir est délaissé autant par les artisans, les paysans que les nobles. Il est obtenu de façons diverses : os calciné, charbon de bois, houille.

L’or (couleur représenté sur le marquoir par le jaune)
L’or dans la sensibilité et dans la culture à peu de rapport avec le jaune ; mais beaucoup avec le blanc. L’or sert à traduire l’idée du blanc intense. Plus blanc que blanc est l’or. Il exprime la connaissance. Dans l’alchimie on transmute le plomb en or, symbolisant la transformation de l’humain en divin par la conscience de Dieu. L’Or est le métal des rois et des empereurs, non seulement en Occident mais aussi dans tout le reste du monde. Il évoque le Soleil et toute sa symbolique : fécondité, richesse, domination, rayonnement : centre de chaleur, amour, foyer de lumière et de connaissance.

Partie 8

Les châteaux fort au Moyen Age
La construction d’un château fort pouvait durer 10 à 20 ans. Jusqu’au Xème siècle on construisait des châteaux en bois. Plus tard on a utilisé la pierre, beaucoup plus solide et surtout ininflammable. Le travail s’effectuait à la force des bras, il fallait engager des maçons, des charpentiers, des forgerons et des équipes d’ouvriers. Le château était construit sur le point le plus haut de la seigneurie.

Le château était constitué de plusieurs pièces très froides ayant de petites fenêtres pour empêcher les attaques, n’oublions pas qu’il était là pour défendre.

 

Le donjon, il constituait la demeure seigneuriale et comprenait chambres, salles communes, bibliothèque et salle de travail. Aucun mur ne mesurait moins de 2.80 m d’épaisseur, les plus massifs dépassant 5 m et même 7.50 m à la base.

La chapelle était souvent placée à côté de la chambre du seigneur. Elle était décorée de fresques, de vitraux et d’une croix d’or posée sur l’autel. Chaque matin le seigneur et son épouse venaient y prier et assister à l’office. Les autres personnes se rendaient dans une chapelle plus grande située dans la cour du château.

La cuisine était très calme en l’absence du seigneur. C’était une immense pièce avec une immense cheminée. Les cuisiniers disposaient de différents ustensiles, la grande cheminée en était le seul moyen de chauffage Le tournebroche devait tourner la grande tige sur laquelle cuisaient les viandes. Une personne devait rester à côté de l’âtre qui dégageait une chaleur insupportable. Pour cuire le pain on utilisait un four en coupole qui se trouvait dans le coin de la cheminée. Une grande table occupait tout le milieu de la pièce. Dessus toutes les aides préparaient les repas. Les jours de fête il y avait affluence.

L’hygiène
Les latrines (WC) se trouvaient à chaque étage. Elles étaient composées d’un siège en pierre recouvert d’une bande de feutrine verte pour protéger du froid. Les excréments tombaient soit dans les douves, soit dans une fosse prévue à cet effet. Des bandes de toiles faisaient office de papier et afin d’empêcher les mauvaises odeurs, des herbes odorantes étaient jetées au sol.
Seul les gens les plus riches pouvaient s’offrir le plaisir d’un bain chaud et parfumé. Les vêtements sales étaient placés dans un tonneau où on les imprégnait de savon liquide, puis on les battait avec un battoir en bois.

La vie et les habitants du château
Les premiers château n’étaient pas très confortables mais à partir du XIIIème siècle apparut un certain confort : des chambres chauffées par de vastes cheminées, des pièces éclairées aux chandelles, des murs couverts de belles tapisseries, des fenêtres vitrées, des sols jonchés d’herbes odorantes et de nattes.

Les enfants
Dès l’âge de six ans, les enfants étaient souvent envoyés dans un autre château. Tandis que les garçons devenaient pages et apprenaient à se battre, les filles apprenaient à tenir une maison. Dans les familles nobles, leur mariage était généralement arrangé dès la naissance. La plupart des garçons et des filles se mariaient très tôt, vers l’âge de quatorze ans.

Les fêtes et les loisirs
Les seigneurs organisaient des fêtes, au moins cent jours dans l’année. Chaque évènement dans la famille du seigneur, (baptême, naissance, fiançaille, mariage et même décès) était une bonne occasion pour préparer une fête. On invitait toute la parenté et quelques vassaux ou amis. On se plaçait autour d’un grand banquet. La famille du seigneur et les hôtes de marque mangeaient sur la table d’honneur plus haute que celles des autres convives. L’arrivée des serviteurs était toujours annoncée par des trompettes. Les invités de marque étaient servis dans des assiettes d’or ou d’argent, alors que les autres mettaient leurs aliments sur de grandes tranches de pain rassis. Chacun possédait un couteau mais mangeait avec les doigts. Le reste du festin était distribué aux pauvres à la porte du château.
Après le repas, les hommes invitaient les femmes pour un pas de danse pendant que les musiciens jouaient de leur instrument. Il n’y avait pas de fête pendant l’été, tous étaient occupés soit aux travaux des champs, soit à la guerre ou à l’entraînement militaire. Au contraire pendant l’hiver ils essayaient de faire durer les fêtes comme celle de Noël.
La chasse n’était pas un jeu mais une nécessité. Il ne chassait pas que pour la nourriture, mais aussi pour se débarrasser des bêtes sauvages qui ravageaient les cultures et les poulaillers.
Les échecs étaient le seul jeu que le seigneur ne trouvait pas frivole. Ce loisir lui évoquait la stratégie des champs de bataille.
Les seigneurs accueillaient avec plaisir les ménestrels, qui étaient des musiciens du village, aussi bien jongleurs que chanteurs, danseurs et montreurs d’ours. Les trouvères du Nord et les troubadours du sud apportèrent bientôt des distractions plus raffinées. Ils récitaient des poèmes d’amour, ou de longs récits de chevalerie. On accueillait également des musiciens qui disposaient d’instrument de musique multiple et varié : le luth, la vielle, la flûte ; le rebec (ancêtre du violon), la viole, les tambourins, l’orgue, la harpe et la guitare.
C’est au Moyen Age que commence le véritable point de croix. Les habits de cour les vêtements sacerdotaux sont brodés à partir de modèles d’origine persane. Les châtelaines, dans l’attente interminable, copiaient au point de croix les motifs des tapis que leurs époux, entre deux croisades, ramenaient d’Orient. Les broderies étaient géométriques.

Lors des attaques, tout le monde se réfugiait dans le château car les ennemis commençaient par brûler les maisons des paysans. C’est pour cela que les paysans payaient de grosses taxes au seigneur en échange de leur protection.
Une fois que tous les paysans s’étaient réfugiés dans le château, la herse était baissée et le pont levis remonté. Les sentinelles montaient la garde, les archers et les arbalétriers tiraient leurs flèches à travers les meurtrières mais aussi à travers les créneaux. Pour repousser les hommes qui attaquaient le château on jetait toutes sortes de matériaux : de l’huile, du plomb fondu, de la poix, des pierres et même des meubles et des détritus.

Partie 9

Les femmes au Moyen Age
Les femmes du petit peuple et les bourgeoises jouissent d’une assez grande liberté.
Majeures à douze ans, elles sont libres de gérer leurs biens, de se marier, de voter même.
Bien des métiers leur sont accessibles.
Elles participent activement à la vie économique. En ville, elles travaillent notamment dans le commerce d’alimentation, les femmes sont majoritaires. Aussi, les industries qui apparaissent comme le prolongement d’activités domestiques leur sont plus ou moins réservées : la boulangerie, la fabrication de la bière (en Angleterre, les femmes ont le monopole de la bière et de l’industrie laitière).


En campagne, elles aident également leurs époux notamment en aidant à faire la moisson et la fenaison.
Lingères, bonnetières, couturières, tavernières, blanchisseuses sont donc des métiers que les femmes du Moyen Age ont occupés, mais il ne faut pas pour autant croire qu’elles étaient considérées égales aux hommes ; le travail à domicile, qu’aucune organisation professionnelle ne défend, accuse des rémunérations particulièrement basses, tant à la ville qu’à la campagne.

Pour les femmes nobles, dans l’univers violent, agressif, essentiellement viril des châteaux, elle ne compte guère. Son sort est lié à la terre, seule garantie du pouvoir. Ainsi est-elle une monnaie courante d’échange pour les seigneurs qui désirent accroître leurs biens et assurer une descendance.
Les fillettes sont promises parfois dès leur naissance à des hommes souvent bien plus âgées qu’elles. Leur rôle est pourtant non négligeable puisqu’en l’absence de leur époux qui, lorsqu’il n’est pas à la guerre, s’adonne à la chasse, c’est à elles de gérer et d’administrer leurs biens.
Le modèle du mariage chrétien, basé sur une relation monogamique indissoluble, est une invention médiévale qui date du treizième siècle. Il s’agit en théorie d’un mariage unique, avec consentement des deux personnes et sans possibilité de divorce. Cependant, la théorie fut bien souvent différente de la réalité. Ainsi ce sont les familles (parents) qui unissent les enfants, et ce, dès douze ans pour les femmes et de quatorze ans pour les hommes. Les jeunes couples se mariant sans le consentement des parents courent le risque d’être déshérités. Autant du côté des classes « inférieures » que du côté des classes « élevées », le choix des parents dicte les liens patrimoniaux.
Si ne pas être en mesure d’avoir des enfants met l’avenir de son mariage en danger, en revanche, accoucher, au Moyen Age, à cause du manque d’hygiène et du peu de moyens dont disposent les sages-femmes, est risqué. On n’autorise les césariennes que sur les femmes décédées, ce qui fait que bien des femmes meurent en couche. De plus, comme on ne peut déceler les grossesses très tôt, les femmes désirant se faire avorter courent le risque d’y rester.

Pas de décolleté trop hardi, de corsage ajusté ou de hennin démesuré. Dans la rue la femme doit marcher la tête droite, les paupières basses, la vue droit devant ; sans regarder homme ou femme qui soit à droite ou à gauche. Ces préceptes austères ne sauraient malgré tout dissimuler une relative liberté des mœurs. Une femme maquillée est « damnée sans rémission », tandis que celle qui avoue avoir « dix ou douze fois couché avec son écuyer » ne risque que le Purgatoire. Entre la paysanne accablée de besognes et d’enfants et l’épouse d’une commerçant aisé, l’abîme est immense.

Le Moyen Age est une époque contradictoire. Les discours sur la femme et les images qui la montrent sont nombreux et variés. La représentation imposée est souvent sans nuances. Elle est infiniment défavorable aux femmes. Ici comme ailleurs dans l’histoire des femmes, le regard porté sur les femmes est masculin. Mais contrairement à ce qu’on pourrait imaginer la femme est omniprésente au Moyen Âge. Elle l’est dans les discours, elle l’est par les images. Elle l’est surtout grâce à l’Eglise, grande pourvoyeuse de représentations sociales au Moyen Âge.

Partie 10

LES CHEVALIERS
Le jeune enfant appelé à devenir chevalier était généralement placé, pour son éducation, chez son seigneur. Dès son arrivée, on lui faisait rencontrer le cheval à l’écurie, à la forge, à la sellerie, où on lui montrait comment nourrir, soigner et harnacher ce qui serait l’outil le plus précieux de son métier.
Adolescent, il servait d’écuyer aux chevaliers, le mot écuyer venant d’« écu » qui désignait le bouclier. Afin que les chevaliers arrivent en pleine forme sur le champ de bataille, l’écuyer était chargé de transporter son équipement, notamment le bouclier qui était très lourd. En pleine bataille il relevait les chevaliers désarçonnés ou leur amenait une nouvelle monture.
De 7 à 12 ans : il est valet d’armes
De 12 à 16 ans : il apprend à monter à cheval
De 16 à 18 ans : il est écuyer puis page
Enfin vers 20 ans, il est adoubé chevalier.

L’adoubement
Jusqu’au XIè siècle, l’adoubement (mot qui proviendrait du verbe francique dubban : frapper) est une cérémonie très simple, qui coïncide généralement avec une fête religieuse. Au XIIe siècle, il devient une cérémonie fastueuse et très populaire. Sacralisé par l’Eglise, l’adoubement devient sacramental.
Le jeune écuyer voulant devenir chevalier est reçu au château de son futur vassal. Après un bain purificateur, le postulant se recueille et jeûne toute la journée. Il passe la nuit à l’église. Au matin, il assiste à la messe, communie et fait bénir son épée. Puis, revêtu des habits militaires propres à sa nouvelle condition. Il est alors emmené par des moines et des serviteurs qui lui donnent les dernières recommandations. Ces préparatifs ont pour but de laisser un temps de réflexion au postulant. Celui-ci doit être parfaitement sûr de lui et libre de son choix. Son engagement est à vie et le serment qu’il prononce, inviolable.
Dans la salle principale du château, en présence de sa famille, des seigneurs voisins et de ses camarades, le jeune écuyer prête serment à son seigneur. Il lui promet fidélité et loyauté à vie. Il reçoit alors son épée, le symbole de son rang, des éperons symbolisant son droit à posséder et dresser un cheval, son bouclier et ses armoiries.
Pour clore la cérémonie, le futur chevalier reçoit la « colée » : une gifle dont il était d’usage de dire que c’était la dernière qu’il recevait sans la rendre. Il s’agit en fait d’un coup asséné du plat de la main sur le cou ou la nuque. La colée se transforme, à la fin du Moyen Age, en « accolade », coup donné du plat de l’épée sur l’épaule du futur chevalier (voir sur la grille du marquoir). Cette paumée le consacre chevalier.
Des fêtes concluent la journée. Musiciens, jongleurs et acrobates envahissent la salle, pendant que tout le monde s’attable pour le banquet. La journée se poursuit dans la liesse, ponctuée de joutes et de passes d’armes, jusqu’au soir, où le nouveau chevalier quitte le château de son seigneur.

La chevalerie définissait tout un mode de vie. Un chevalier devait se montrer généreux, courtois, brave, délicat et audacieux. Le parfait chevalier, sur son cheval blanc, défendait les pauvres et volait à la rescousse des demoiselles en détresse. Cette façon d’être répondait à l’idéal chevaleresque : la courtoisie.
Les règles fondamentales du code chevaleresque étaient les suivantes :
– Protéger les femmes et les faibles
– Défendre la justice contre l’injustice et le mal
– Aimer et honorer sa patrie
– Défendre l’Eglise à ses risques et périls.
Il devait faire preuve de certaines qualités :
– Le courage : le chevalier devait être « preux » et vaillant
– La fidélité à sa parole : il devait être loyal.
– La générosité, envers son adversaire, envers ceux qui ont besoin de son aide (de plus il devait faire preuve de largesse : il n’avait pas à épargner)
– La maîtrise de soi : il ne devait pas se laisser conduire par la haine ou la colère. Il devait aussi se montrer courtois au sens moderne du mot, c’est-à-dire qu’il devait respecter des règles de vie en société, de politesse.
– Il devait chercher l’aventure, ce qui en fait souvent un chevalier errant.
S’il avait toutes ces qualités, le chevalier est un chevalier parfait…

L’Epée du chevalier
L’épée remise au chevalier lors de son adoubement, était le symbole de son rang, son bien le plus précieux, celui dont il ne se séparait jamais, même dans le tombeau. Les gisants des chevaliers les représentent tenant leurs épées comme un crucifix. Instrument de force et de mort, l’épée était aussi un objet de piété….Lors des cérémonies d’adoubement, n’était elle pas, en même temps que celui qui la porterait, solennellement bénie et baptisée, après avoir été offerte par des rois, des papes, des évêques, ou des pairs, compagnons d’armes ? Les armes notamment, constituaient un patrimoine de prix et marquaient la condition d’homme libre. En ces débuts de l’âge féodal, la lance, l’épée et l’utilisation du cheval restent les symboles de l’appartenance à la catégorie sociale privilégiée de ceux qui font la guerre, les chevaliers.
Outre Excalibur, emblème de la légende arthurienne, il y a d’autres épées célèbres, notamment dans la chanson de Roland et la Geste de Charlemagne. Afin de reconnaître les chevaliers dans les champs de bataille, un système d’emblèmes appelé l’héraldique fut développé. Des emblèmes spécifiques furent dessinés pour chaque famille noble. Ceux-ci étaient représentés sur le bouclier, le surcot (chemise de toile portée sur la cotte de maille), les bannières et le sceau. Ce terme fut ensuite utilisé pour désigner le blason d’armoiries. Les armoiries étaient répertoriées par les hérauts dans des recueils particuliers qu’ils conservaient précieusement.
Les armoiries se transmettaient de génération en génération et étaient modifiées lors d’un mariage. Certains dessins étaient réservés à la royauté dans différents pays.

Partie 11

LES LOISIRS DU CHEVALIER
– Il aime la chasse, qui prend des formes variées : chasse avec des oiseaux de proie, traque au sanglier…. Cette activité, souvent violente et pratiquée en groupe, lui fournit une viande qu’il apprécie, mais lui donne aussi l’occasion de se maintenir en bonne condition physique.

– Les tournois qui apparurent au Xème siècle sont des combats simulés entre plusieurs chevaliers. Le second concile de Latran, sous le pape Innocent II, et les rois d’Europe condamnèrent aussitôt ces joutes, déplorant les morts inutiles de chevaliers au cours de ces tournois qu’ils considéraient comme une activité frivole. Cela n’empêcha pas toutefois les tournois de se multiplier et de devenir partie intégrante de la vie du chevaliers.

Les tournois étaient au départ de simples concours entre chevaliers avant de devenir de véritables parades de luxe et d’élégance au cours des siècles. Ils devinrent des événements sociaux de première importance qui faisaient venir les patrons et les adversaires de régions les plus éloignées. Des listes spéciales (champs clos de tournois) étaient dressées ainsi que des tribunes pour les spectateurs et des pavillons pour les combattants. Les chevaliers pouvaient combattre individuellement ou en équipes. Ils s’affrontaient en duel en utilisant un large éventail d’armes et constituaient des mêlées simulées avec plusieurs chevaliers d’un côté. Les joutes, ou coups de lances, opposant deux chevaliers armés de lances devinrent l’évènement primordial. Les chevaliers concourraient, comme les athlètes de notre époque, pour les prix, le prestige et l’attention de dames qui remplissaient les tribunes.. Ces combats simulés permettent aux chevaliers d’établir aux yeux des autres chevaliers, et aussi aux yeux des dames, sa bravoure et sa valeur. Ils développent aussi l’habileté et la force physique nécessaires à la guerre.
Evènements hauts en couleurs, assortis de banquets et de danses, les tournois se déroulent dans une atmosphère débridée de carnaval, drainant toute la gamme des personnages médiévaux. La drôlerie avait même sa place dans cette manifestation. C’est aussi l’occasion de dépenser et de faire montre de largesse, bref de mener un train de vie noble.
Ainsi, va naître entre tous ces chevaliers, une confraternité d’armes qui renforcent encore leur sentiment élitiste. Ces tournois permettent aussi la naissance d’un véritable code d’honneur reposant sur le respect de la parole donnée, la solidarité de groupe, le compagnonnage, le respect des règles du combat chevaleresque… bref, un code d’honneur qui est à la base de la distinction entre chevalier et mercenaire. De plus, leur permanence, malgré le renforcement des pouvoirs des princes durant toute la fin du Moyen Age et jusqu’au milieu du XVI siècle montra l’attachement de l’aristocratie guerrière et du peuple à cette formule qui resta jusqu’à nos jours l’un des symboles du Moyen Age.

-Dans la grande salle du château, le chevalier peut écouter les chansons des jongleurs, les regarder faire des acrobaties, présenter des animaux savants ; une lettré, souvent un clerc, lui lit quelques livres. Ces récits racontent souvent les hauts faits de chevaliers du passé.

Partie 12

QUELQUES VERITES DU MOYEN-ÂGE
– L’hygiène était très importante, on prenait un bain tous les jours. Ce n’est qu’à la Renaissance que la malpropreté a prise de l’ampleur.
– La broderie était un métier d’homme, seule les femmes nobles s’y adonnaient pour se divertir.
– Les chiffres romains étaient exclusivement utilisés dans tous les documents, le latin quant à lui était employé dans les documents officiels.
– Le temps était calculé en saisons, années, règnes (des rois) pas en heures, minutes et secondes.
– L’année commençait à Pâques, tout était axé sur la religion chrétienne.

– Une journée comptait huit heures, l’Eglise l’a ainsi divisée suivant les huit prières que récitaient les moines.
– Le Français était la langue de la noblesse et ce même en Angleterre, Richard Cœur de Lion parlait lui-même Français, n’a résidé qu’un an en Grande Bretagne, il préférait de loin la France. Une bonne partie de la noblesse ne savait pas lire ni écrire, les femmes toutefois faisaient exception.
– Les heures de travail n’étaient pas fixes, On travaillait de plus longues journées l’été que l’hiver. Il était interdit de travailler à la bougie afin d’éviter les malfaçons.
– Certains nobles étaient plus riches que le roi lui-même, d’où la nécessité pour le souverain de veiller à ce que ses « amis » lui restent fidèles et favorables.
– Les vacances n’existaient pas, les jours fériés étaient religieux.
– L’université est une invention du Moyen Age. On y enseignait quatre à sept matières.
– Le donjon n’était pas une prison mais le bâtiment principal du château.
– Les miroirs étaient rares.
– Les tapis d’Orient étaient si riches et précieux qu’on ne les installait pas sur le sol mais on les plaçait sur les murs.
– Les épices étaient un cadeau apprécié et un signe de richesse. La route était longue pour les obtenir, il fallait aller en Orient. Ils étaient très utilisés dans la gastronomie médiévale. On baptise même les gens qui en font le commerces les « épiciers ».
– La maison se compose d’une seule pièce, au sol de la terre battue, elle faisait fonction de chambre, de salle à manger et de cuisine. La table est composée de simples tréteaux et d’une planche. On la recouvre d’une nappe pliée en deux (doublier) , on dit qu’on dresse la table d’où l’expression « mettre la table » qui vient de cette époque.
– On mange avec les doigts, les seules cuillères sur la table sont réservées à prélever les sauces. Le couteau reste un objet personnel, porté à la ceinture, il ne fait pas partie du service de table. On boit dans les gobelets ou alors dans des verres à pieds (exclusivement réservés aux cours princières et aux ecclésiastiques). La fourchette est une invention de la Renaissance.

Partie 13

QUELQUES VERITES DU MOYEN-ÂGE (suite)
-Se faire traiter de bourgeois ne choque personne. Le mot, du latin burgensis, signifie tout simplement habitant du bourg. Cependant « être bourgeois » ne s’applique pas au premier venu, il faut être libre et habiter le bourg depuis un an et un jour. Serfs, artisans itinérants et pèlerins n’ont pas le droit à cette appellation ni aux privilèges qu’elle confère. Si l’on possède des maisons dans plusieurs villes ou villages, on peut se dire bourgeois dans chacune.
-Le mot « pot de vin » à l’époque médiévale signifie sous forme de « liquide ». l’expression qu’on utilise aujourd’hui pour décrire une somme illégalement versée à une personne influente était courante dans le vocabulaire du Moyen Age. Mais elle s’entendait alors dans son sens littéral, puisqu’on corrompait son dignitaire avec des cruches ou des jarres de bon vin.

-L’expression «tenir le haut du pavé » désigne une condition sociale élevée provient d’une caractéristique de la rue médiévale. Les systèmes d’égouts étaient à peu près inexistants et les immondices et les eaux de pluie se déversent dans les rues. Les porcs laissés souvent en liberté s’occupent d’une partie des vidanges, mais un excédent de déchets s’amasse dans la partie centrale de la rue, creusée en sillon, caniveau pour laisser couler les eaux usées. Il était de coutume de laisser la partie haute de la chaussée aux personnes les plus riche, afin qu’elles évitent de souiller leurs vêtements. Elles tenaient donc « le haut du pavé ».
-« Noël, Noël ! » était un cri de réjouissance proclamé par le peuple à n’importe quel moment de l’année, pour saluer un évènement heureux. Le cri « Noël, Noël » pouvait donc être entendus lors d’un couronnement, une naissance, un mariage etc….
-« Qui s’y frotte s’y pique » devise des ducs d’Orléans qui avaient adopté le porc-épic comme emblème. Le roi Louis XII fils du poète Charles d’Orléans conserva ces insignes quand il succéda en 1498 à son neveu Charles VII, mort sans héritier, et épousa la jeune reine devenue veuve Anne de Bretagne… et sa dot.
-« A brûle-pourpoint » Au début des armes à poudre vers la fin du moyen âge, il était courant que les artilleurs en portant à l’épaule leur canon à main, au moment de faire feu avec leur arme, abîment carrément leur pourpoint et y mettent le feu. C’est ainsi que ces mésaventures d’arquebusiers nous ont valu la très brusque expression à brûle-pourpoint, qui veut dire à bout portant, pertinent et très soudain.
-« A la queue leu leu » Aujourd’hui l’expression signifie « l’un derrière l’autre » Leu est la forme ancienne du mot loup (parfois lou). A la queue leu leu devrait donc se lire à la queue du loup le loup. Au Moyen Age, les loups étaient très nombreux et se déplaçaient en bandes, souvent l’un derrière l’autre. Leur apparition était redoutée par la population.
-« Autant en emporte le vent » Ce proverbe mélancolique évoque l’aspect fugitif et dérisoire des choses humaines : amours, ambitions, désirs, tout est promis à disparaître, comme emporté par le vent.
-« Avoir un nom à coucher dehors » : Au Moyen Age, les personnes étaient jugées et classées dans les auberges selon leur nom. Ceux qui avaient des noms de famille nobles pouvaient avoir accès à des chambres dans l’auberge alors que d’autres ne pouvaient pas. Ainsi selon son nom on pouvait refuser une personne d’où est née l’expression « avoir un nom à coucher dehors ».
-« C’est une autre paire de manches » sens aujourd’hui : c’est une autre affaire. A l’époque médiévale, les manches des vêtements n’étaient pas cousues de manière définitive, mais simplement ajustées au dernier moment. Les dames pouvaient, en signe d’attachement, remettre leur manche à leur chevalier qui l’arborait alors à sa lance ou à son écu lors des tournois. Ce gage amoureux est devenu symbole d’engagement au point qu’on en ait oublié son origine aristocratique et galante.
-« Champion » Un chevalier se battait en champ clos pour défendre une cause. La justice du Moyen Age admettait l’épreuve des armes. L’accusé pouvait provoquer en duel son accusateur : Dieu faisait triompher l’innocent. Lorsque l’accusé, malade, trop jeune ou trop vieux, n’était pas en mesure de se battre lui-même, ou si c’étaie une femme, il pouvait se faire représenter par un champion.
-« Courtois » Les chevaliers l’étaient : aimable, polis, gentils, raffinés dans leur habits, leurs sentiments et leurs langages. Ils considéraient leur dame comme une maîtresse toute-puissante dont les désirs étaient des ordres. Pour lui plaire, ils surmontaient toutes sortes d’épreuves, physiques et morales. A l’origine courtois signifie qui vit à la cour.
-« De bon aloi » sens aujourd’hui « de bonne qualité ». Sens d’autrefois : une pièce d’or ou d’argent devait être de bon aloi. Ce mot provient en fait du verbe « aloyer » forme ancienne du verbe « allier » : l’aloi est donc l’alliage d’une pièce, c’est-à-dire la proportion de métal précieux qu’on y retrouve. Au moyen Age chaque seigneur pouvait frapper monnaie et pour s’assurer qu’une pièce était « de bon aloi » on pouvait le faire « sonner » sur une surface dure : le son rendu permettait au banquier de distinguer une fausse pièce d’une vraie. Mais beaucoup plus sûr était l’usage de « trébuchet » petit balance de précision pour peser les monnaies. D’où l’expression « espèces sonnantes et trébuchantes ».

Partie 14

LA CHASSE AU MOYEN-ÂGE
La chasse est une nécessité, depuis les temps les plus anciens, les hommes on dû lutter contre les bêtes sauvages pour assurer leur sécurité : Au Moyen Agen, il faut encore tuer les sangliers, les lapins, les renards… qui viennent ravager les cultures et les poulaillers. Il y même plus dangereux, le loup et l’ours peuvent s’attaquer aux gens.
Le gibier est un appoint essentiel des repas, qui comportent plusieurs plats. L’homme chasse avec le faucon. L’animal est tout d’abord capturé dans la nature, Puis il est dressé pour s’attaquer à d’autres oiseaux ou à des petits mammifères. Avant d’être laché, il est retenu par une laisse et encapuchonné. Plus subtile, gracieuse et délicate, la dame aime également la chasse au faucon.

L’apprentissage de la chasse est important pour le futur seigneur. Son père le confie aux enseignements d’un chevalier plein d’expérience, le veneur. Il lui apprend à reconnaître les traces des animaux d’après leurs empreintes dans la neige ou leur passage dans les buissons. La chasse s’est aussi la chasse à courre, c’est l’un des meilleurs entraînements au combat, pour le châtelain et ses gens. Le seigneur se tient à cheval une journée entière. Il doit déjouer toutes les ruses de l’animal, galoper, traverser des rivières ou des étangs, se dépenser sans compter. Et pour finir porter à la bête le coup de couteau qui l’achèvera. Il ne chasse pas seul, ses alliés sont les chiens.
Chaque château entretient un chenil : chiens de force, capables d’attaquer un sanglier ou un cerf, ou chiens courants, les fameux lévriers. Le privilège de la chasse revient aux nobles, les paysans ne pourraient pas supporter les frais d’un équipage de chasse : il ne leur reste donc qu’à traquer les petits animaux, en se servant d’un furet et même d’écrevisses qui s’insinuent dans les terriers.

Partie 15 & 16

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Comtesse de Ségur - Artiste, écrivaine, Romancière (1799 - 1874)

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